image LETTRE OUVERTE AUX CULTUREUX

 

cultureMon cher cultureux,

Toi, si dévoué et si impliqué dans la culture. Je t’aime. Je t’aime tellement que je me laisse guider par ton nez avisé, par tes connaissances pour me faire découvrir de nouveaux artistes, toi si bien entouré.

Je t’aime énormément.

Par contre, je dois me plaindre de ton regard négatif. En effet, contrairement à toi, je travaille dans l’industrie. Quel vilain mot. Pire encore, je travaille dans le marketing industriel. L’insulte.

Lorsque qu’intervient le « et toi, tu fais quoi ? » dans nos conversation et que je te parle de mon métier, je te répugne. Et oui, dans l’industrie on parle de « rentabilité », de « productivité », de « retour sur investissement »et de « part de marché ». Et pourtant je t’assure que c’est très existant.

Pour toi ce sont des mots malhonnêtes. De vilains mots. Des « mots caca » contre lesquels tu luttes. Tu as tes raisons que, parfois, j’ai du mal à comprendre. Bref.

Mais qu’est ce que je suis triste quand tu me regardes d’un mauvais oeil. Parce que finalement tu ne fais rien de mieux. Quand je vous vois baratiner et vous brosser les uns et les autres dans le sens du poil pour obtenir des actions « copinage ». Quand tu vends coûte que coûte ton nouveau projet culturel auprès de tes confrères aux portes de la prostitution. Quand tu écrases le voisin parce que tu te crois meilleur. Quand tu déniches le plus gros des subventions et des budgets privés et publics sans penser à la gueule des plus petits qui en ont aussi besoin.

Tu sais, au fond, je sais comment ça fonctionne. Tu as besoin de remplir ta salle et tes évènements comme nous avons besoin de remplir les bons de commande. Plus jeune j’ai été stagiaire au Festival E! Oui, ils ont de l’ambition, de belles idées et une sacrée éthique. Mais ce qui les a sauvés d’une année de presque faillite : le marketing. Parce que la finalité c’est bien de remplir leur festival. Vendre le plus de billets possible, surtout des pré-ventes parce que « c’est de l’argent qui rentre », que le festivalier consomme beaucoup, et du OXFAM tant qu’à faire !

Alors mon cher cultureux, je respecte ton travail, ta richesse culturelle, et ta force de caractère, mais s’il-te-plait je ne suis pas une mauvaise fille. Je te demande juste d’avoir réellement un esprit ouvert. Et de comprendre qu’au-delà de ton petit cercle de cultureux d’autres choses se passent ailleurs. Il y a d’autres personnes qui font des choses bien dans ce monde, dans d’autres domaines. Et ceci ne les empêche pas d’avoir du coeur, une âme et de l’humanité.

Ne pas travailler dans la culture et la considérer comme un enrichissement et un épanouissement, la vivre avec plaisir c’est un choix. Sinon qui viendrait remplir tes salles ?

Je suis dans le marketing industriel mais ma petite entreprise est remplie d’oeuvres d’art et de petits artistes locaux talentueux. Alors oui on a pas un budget colossal, mais on le fait du mieux qu’on le peut ! Et surtout on recherche l’âme et la personnalité de l’artiste avant son audience et sa popularité.

See you soon !

Fleur

Photo : https://blogs.leschampslibres.fr/traitdunion/

 

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